Piloophaz:Absence

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“Absence”
Artist: Piloophaz
Albums: Nature Morte (2004)
Lyricists: Piloophaz


J’aurai aimé être mort-né pour traumatiser mes rent-pas
Devenir ainsi à leur envie de procréer le seul rempart,
Ça part de rien, de sombres histoires de famille pourtant futiles,
A la réconciliation chacun préfère une haine subtile.
Subterfuge pour ne pas connaître ses torts même si le vrai torturait,
Orgueil et stupide tatoué, je me suis senti floué.
Écroué dans une geôle de mépris à cause d’un bout de papier,
Je suis pas devenu ce que t’as voulu, je l’ai bien compris mais pas de fautes à expier.
Les pieds sur terre, la tête dans les nuages, refusant cette vie d’adulte
Dans ma cage, pas le courage car trop de tumulte.
Je multiplie les phrases assassines, pousse à sa cime l’hypocrisie,
La haine se sème quand le fruit de l’amour est trop aigri.
Grimer ses sentiments est bien plus simple que de s’affirmer,
Mais être sincère à en souffrir est plus sain que de se la fermer.
Hermétique je demeure, je baisse les yeux ou bien les fronce,
Vois l’intérêt comme un affront, nouvel esprit faible qui renonce.
Une once de communication parfois pointe son nez,
Quand de leurs fornications, souvenirs et cicatrices sortent sonnées.
On est identiques, la nature veut ça, maman arrête pas de le dire,
Les liens comme elle appelle ça, facile à salir ça se déchire !
Que ma mère en pâtisse, c’est surtout ça qui m’attriste,
Je suis qu’un petit con sans charisme, aux antipodes de l’artiste !
Lire mes textes t’as jamais voulu, va savoir comment j’évolue,
C’est pas que je t’aime plus, mais des fois, je te vois comme un intrus.

Je revois cette nuit seul, à ne pas comprendre ce qui m'arrive,
Comment une vie bascule au malheur simple comme un coup de fil,
Sur fond de souvenirs déjà fades défilent ces images diaphanes
Ce qui fut la trame de mon drame trop crade pour mon diaphragme
Et je crame, je revois cette peine indicible dans ce crâne imbécile
Rempli de haine invisible d'écoute ce que clame son disciple
Une nuit où tout se précipite, l'absence...
Qu'est-ce qui me reste à donner à part ces lignes trop acides ?
Devenir lucide me ruine, je revis ces heures assassines
Mes rêves ont triste mine, l'espoir s'incline
Condensé de vie en cinq lignes,
Alors à quoi sert tout ce silence planqué dans le fond de ma rétine
C'est juste quelques gouttes d'amertume lâchées du fond d'un abîme
Je rêvais d'une vie sans épines, épique et digne
Pourtant ce qui vit dans ce cœur aride n'est qu'une angoisse devenue routine
Alors j'écris l'histoire à défaut de la vivre vraiment
Je suis dans cette époque chrysalide, j’attends le retour du printemps
Je revois nos crises d'antan, mes rêves d'enfant, ce bonheur latent
Séquelle crime comme exutoire remplissent un vide oppressant
Je remets en cause mon existence puisque les dés sont truqués
Revêtu de proses je fais le procès de ce costume étriqué
Daigne écouter ce qui perce, père, ces nuits au goût âcre
Je consacrerai le temps qu'il me reste à sortir de ce simulacre
Je claque ça pour ceux qui aujourd'hui me tiennent debout
Mais je cours après l'image floue d'un père parti pour rien
Et c'est tout.